La générosité des mexicains


Nous nous installons à La Paz chez la famille Arce. Il nous offre une chambre et pouvons utilisé leur maison comme la nôtre. Dès le lendemain, nous nous rendons à la marina pour y mettre une petite annonce afin de trouver un voilier pour traverser la mer de Cortez et nous rendre sur le continent. Nous restons 12 jours à La Paz, le temps que le genou de Marie aille mieux. Nous passons des bons moments chez nos hôtes comme pendant cette soirée improvisé où tous les invités viennent de divers pays, Japon, Italie, États-Unis, Canada et Mexique.

Après plusieurs jours dans la plus grande ville de Baja California et sans succès dans notre quête d’un bateau, nous disons au revoir à Carl qui restera à La Paz pour 3 mois ainsi qu’à la famille Arce (merci beaucoup à vous). Nous prenons donc le ferry pour Mazatlan. Nous avons réservé une cabine. Malgré le coût plus élevé, nous préférons que Kayla dorme en sécurité et au calme. Sur le pont la musique bat son plein une bonne partie de la nuit, nous avons fait le bon choix. Le bateau est plein à craquer et parmis la foule se trouve une cyclotouriste suisse, Susanne parle français et voyage seule.

Susanne et Kayla à Mazaltlan

Après 20h sur le bateau, nous arrivons à Mazaltlan. Nous cherchons un hôtel en compagnie de Susanne. Nous en trouvons un à un bon prix et sécuritaire pour nos vélos. Nous partageons la chambre avec la cyclotouriste. En très peu de temps, Kayla ne lâche plus notre nouvelle amie.

Nous visitons Mazatlan, une grande ville qui est en bord de l’océan Pacifique. Nous y restons 3 jours même si la ville n’a peu d’intérêt.
À peine 24 h après notre traversée de la mer de Cortez, nous recevons un e-mail d’un plaisancier voulant bien nous faire monter à bord de son voilier pour effectué la traversée La Paz-Mazaltlan. Malheureusement trop tard …

De Mazatlan, nous pensions aller vers Guadalajara. Mais la chaleur au bord de l’océan nous fera changer d’avis. Notre amie se dirige quand à elle vers Durango. Pour se faire, elle devra pédaler sur une route tranquille mais bien pentu, en effet cette route passe de 0m à 2800m d’altitude. Cette idée nous séduit et décidons de suivre notre amie. Cela nous fera éviter une route ayant peu d’attrait et beaucoup de circulation.

Nous quittons Mazaltlan et les plages pour la montagne. Nous découvrons le vrai Mexique avec ses villes et villages fourmillant de monde, des kiosques partout vendant tout et rien à la fois et les différentes faces que prend la pauvreté.

Si les enfants sont toujours aussi présent dans les rues du Mexique, tous ne sont pas sur un pied d’égalité. En effet, nous voyons beaucoup d’enfant travailler (vendre des chewing-gum, tenir un stand, … ) ou mendier.

Enfant de la rue au Mexique

Ce qui est le cas de l’école aussi. Il y a l’école publique critiqué de tous. Les professeurs font ce qu’il peuvent avec leur classe bondés d’enfants (environ 40 élèves pour un adulte) à partir de 5 ans et les moyens peu élevé accordé à l’éducation par le gouvernement mexicain. Il y a ensuite l’école privée… Peu abordable pour le mexicain à faible ou moyen revenu. Les enfants y apprennent plusieurs langues et le ratio élèves-instituteurs est moins élevés qu’à l’école publique. Dans les 2 structures, les étudiants portent l’uniforme. Et il y a ceux qui ne vont pas à l’école et qui non pas accès à une éducation pour diverses raisons, que l’on peut imaginer pas très rose. Ces enfants sont à risque (drogue, vol, pauvreté… ) et leur avenir est compromis.

Nous arrivons assez rapidement à Concordia, une ville charmante et aux allures coloniales d’influence indigène et espagnole. Le soir venue sur la place de l’église, les différents marchands attirent les clients par l’odeur alléchante de leur plat, par l’étal de jouets aux mille couleurs ou de dulces (petites douceurs sucrées).

Nos mollets sont mis à l’épreuve assez rapidement après concordia. Nous ne sommes pas mécontent de quitter la chaleur de la côte et de profiter de la fraîcheur des montagnes le soir venue.
Carretera libre Durango

Nous n’avons pas le même rythme que Suzanne qui nous attend assez souvent. La route grimpe continuellement et nous ne faisons qu’entre 20 et 30 kilomètres par jour. Il faut dire que nous n’avons pas le même poids sur nos vélos et que nous avons un passager qui a son mot à dire quant au arrêt nécessaire pour notre « princesa » (comme le disent si bien les mexicains).

Nous remarquons au bout de quelques jours que notre petite voyageuse fait de la fièvre et a de la diarrhée. Cette fièvre dure 2 jours mais son mal de ventre ne passe pas au bout de 7 jours et a en plus du sang dans les selles. Elle n’a pas envie de manger, pour ceux qui la connaissent bien cette situation arrive rarement.

Arrivé à El Salto, nous décidons de prendre le bus pour faire les 100 km nous séparant de Durango pour aller consulter un médecin qui lui diagnostiquera une salmonelle.

A Durango, notre hôte Warmshower envoie un autre cyclotouriste, hébergé chez lui, venir nous chercher à la station d’autobus. En voyant arrivé Scott, nous sommes stupéfait de le reconnaître. En effet, nous l’avons déjà rencontré peu de temps au Yukon, presque un an plus tôt.

A peine arrivé, notre hôte, Jonathan, nous présente ses amis Abdel et Mario. Nous allons tous ensemble en direction de la clinique médicale pour Kayla. Mario parlant français et anglais nous aide en traduisant le problème de santé de Kayla. Merci encore Jonathan, Abdel, Scott et Mario pour votre aide et votre amitié.

Le soir venue Kayla est épuisée de sa journée, n’ayant pas dormit, et de notre soirée au restaurant avec nos nouveaux amis. Lorsqu’est venue le temps de prendre sa première dose d’antibiotiques, Kayla, sur excité par la fatigue, se débat et Karl en essayant de la retenir pour ne pas qu’elle tombe se fait mal au dos, il ne manquait plus que ça …

Le lendemain matin, Karl ne peut plus marcher. Étant donné que notre hôtes Warmshower était à 5 km du centre ville, nous décidons de prendre un hôtel près du centre historique. De cette façon Kayla et Marie pourront tout de même découvrir la ville pendant que Karl se repose. Comme Karl ne pouvait pas bouger seul et encore moins pédaler, un problème se posait comment faire pour tout déplacer jusqu’à l’hôtel.

Notre problème n’en était plus un. Scott et Jonathan conduisaient nos vélos tandis que Mario et Abdel chargeaient nos bagages dans la voiture de ce dernier et nous conduisaient à l’hôtel.

Kayla et Marie commencent à visiter Durango, une ville coloniale, en compagnie de Suzanne. Cette dernière reprend la route après 3 jours. Les au revoir sont difficile pour Suzanne et Kayla. L’émotion est à son comble. Marie verse quelques larmes comme à son habitude. On s’attache beaucoup à ces gens de passage qui vivent les même expériences que nous.

Au bout d’une semaine, le dos de Karl ne va pas mieux, nous devons tout de même bouger et aller vers Zacatecas. Lors de notre recherche d’hôtel, nous avions contacter Olivia qui loue ses chambres via Airbnb mais qui n’en n’avait pas de disponible au bon moment pour nous. Nous étions restés tout de même en contact et nous demandait régulièrement des nouvelles de Karl.

La gare d’autobus étant à environ 3 kilomètre de l’hôtel et Karl ne voyant pas comment il pourrait pédaler jusqu’à là, Olivia nous offre de nous aider en chargeant tout notre équipement dans le pickup de sa belle-sœur et nous dépose jusqu’à la gare de bus. Elle nous amène avant chez elle afin de faire connaissance avec son invité, un producteur de film américain. On ne sait jamais nous dit Olivia, ça peut vous être utile pour votre projet de film. Avant de partir, elle nous rempli un sac de collation pour le trajet et nous donne de l’argent encore pour la niña (petite fille en espagnol). Nous remercions chaleureuse Olivia et sa belle-sœur pour leur aide avant de monter dans l’autobus.

5 heures plus tard, nous arrivons épuisé à Zacatecas. 3 kilomètres nous séparent de l’auberge de jeunesse où nous souhaitions dormir. Nous n’avons cette fois pas d’autre choix que de prendre le vélo. Le dos de Karl le brûle un peu mais il parvient à pédaler. Arrivé près de l’auberge, un homme nous arrête et nous dit qu’il y a d’autres cyclotouristes en ville en compagnie de ses amis Sandra et Pancho. En discutant un peu avec le mexicain parlant anglais, nous découvrons que nous connaissons ces cyclotouristes. Ce sont Suzanne et Scott. Frederico, le mexicain rencontré dans la rue va nous chercher Scott. Nous le retrouvons avec bonheur. Scott nous aide à trouver une autre auberge car tous les logements sont pleins en ce long weekend du 5 de Mayo (jour férié commémorant la bataille du 5 mai entre mexicain et français) et nous aide à monter tout nos bagages et vélos dans notre chambre. Décidément, il est toujours là au bon moment.
Nous allons ensuite rencontré Sandra et Pancho ainsi que quelques uns de leur amis et Suzanne. Nous allons tous manger ensemble et profiter de l’agitation nocturne de Zacatecas. À première vue, cette ville nous plaît bien, on a bien hâte de la découvrir. Durant la soirée, Sandra et Pancho, nous invite à dormir chez eux le lendemain, on pourra y rester le temps que l’on veut. Leur maison est située sur une place en plein centre-ville. Ils nous font découvrir la ville comme nous n’aurions jamais pu le faire seuls.

Zacatecas

Quelques jours avant de repartir nous allons conduire Suzanne à San Luis de Potosi avec nos hôtes. Pancho préférait y amener notre amie directement car certaines sections de cette route sont plus dangereuse dû aux cartels de la drogue. Nous lui disons notre ultime au revoir et repartons à Zacatecas. Après une semaine de repos et de bons temps en bonne compagnie, nous devons repartir aussi, vers Guanajato. Sandra et Pancho nous offre de nous y conduire. En plus de nous avoir hébergé et nourrit nous trouvons leur offre très généreuse et alléchante. Cela laisserait le temps au dos de Karl de se reposer encore un peu.

En route vers Guanajato

Encore une fois nous n’avons pas assez de mot pour remercier tous ces gens que nous rencontrons et qui font plus que leur possible pour nous aider.

2 Réponses à La générosité des mexicains

  1. Priscilla dit :

    Mille pensées pour vous. Vous traversez des moments que j’imagine émotionnellement pas facile. Quelle ténacité!
    Un grand merci à toutes les personnes qui vous accueillent et vous soulagent dans cette aventure. Je croise les doigts
    très très fort pour que les soucis de santé trouvent apaisement et que vous puissiez retrouver sécurité et force physique.
    Gardez le moral. Nous pensons à vous très fort.
    Prisci

    • André dit :

      Je vous prends au hasard en ce 8 octobre. Je ne siais trop où vous êtes rendus. Toujours passionnant vos récits et photos.
      Ici s epoursuit l’interminable campagen électorale qui devrait, pour notre grand malheur, reporter les conservateurs au pouvoir.Misère. je vous envie d’éviter ça.

      Si vous êtes au Brésil en décembre, j’y serai dans le nord de l’État de Sao Paulo où j’enseignerai durant 3 semaines.Belle façon de commencer ou d’éviter le début d l’hiver.
      À bientôt.
      André

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