En passant par Oaxaca


Lors de notre entrée au Mexique, les autorités du pays nous ont donné une carte touristique de 6 mois. Nous voyons le temps filer, il ne nous reste qu’environ 5 semaines avant de franchir la frontière ou d’essayer d’obtenir une nouvelle carte touristique. Le pays est si grand que nous ne sommes qu’à un peu plus de la moitié et il y a encore beaucoup de choses à voir et beaucoup de gens à rencontrer.

À Ixtapan de la Sal, nous décidons qu’à partir de Izucar de Matamoros nous prendrons le bus direction Oaxaca afin de gagner du temps. Mais nous n’y sommes pas encore. Encore une semaine sur la route et 3 états à traverser avant de rejoindre cette ville au bord d’une des seules routes allant vers l’état d’Oaxaca.

Nous débutons notre semaine en allant au Parque natural Grutas de Cacahuamilpa. Ce parc se trouve à 1190 m d’altitude, 3000 m de moins qu’à l’intérieur du cratère du Nevado de Toluca. Il y fait beaucoup plus chaud. Lors de nos recherches sur internet, nous avons vu que nous pouvions camper au bord d’une piscine. Une fois arrivés au parc, nous sommes assaillis par les vendeurs ambulants qui ne lâchent pas le morceau en se montrant insistant. C’est malheureusement souvent le cas dans les endroits touristiques… Nous refusons gentiment plusieurs fois et allons planter la tente au bord de la piscine. Le responsable est fort sympathique et discutons un bon moment avec lui. Il nous raconte avoir travaillé dans les champs au Canada, il y a une dizaine d’années de cela. Plusieurs mexicains viennent au Canada ou aux Etats-Unis pour travailler quelques années et repartent au Mexique. Cela est une aubaine, des travailleurs bon marché pour les agriculteurs et un travail payant pour les mexicains.

Parque natural Grutas de Cacahuamilpa

Toute la famille profite de la piscine pour se rafraichir. Nous aurons des accès à des piscines les jours suivants ce qui n’est pas de refus tant les journées sont chaudes. Notre eau arrive à peine à nous désaltérer car elle est à température ambiante, c’est-à-dire chaude.

Lors d’un arrêt pour regarder sur la carte notre chemin, Pero, un mexicain, vient nous parler. Il nous pose les questions habituelles. Il nous suit en vélo en direction de Jojulta et s’arrête au taller de bicicletas (réparateur de vélo) pour nous présenter. Les hommes présents sur place, sont emballés par notre voyage. Ils nous offrent leur amitié et partagent leur repas du midi. Comme Kayla ne mange pas épicé, nous allons lui commander des quesadillas de pollo (tortillas de fromage fondu et poulet). Pero, veut absolument payer pour le repas, nous le remercions et nous le quittons quelques kilomètres plus loin.

La saison des pluies a commencé depuis environ un mois. La pluie se fait tout de même plus rare cette année. Nous en profitons. Cependant, lors de notre séjour dans une hacienda (genre de ranch), Mary tente d’endormir Kayla quand d’énormes orages éclatent. La pluie tombe fort sur la tente et pendant une bonne partie de la nuit. Heureusement que la tente est étanche et résiste au vent. Mais au réveil, nous constatons les dégâts, une coulée de boue a glissé dans le vestibule, le sol est rempli de boue. Nous mettons un moment à nettoyer nos sacoches qui s’y trouvaient ainsi que le sol. Nous n’aurons pas fini avec la boue, le chemin de terre menant à une route secondaire en regorge. Nous essayons tant bien que mal de contourner les flaques mais peine perdu, nos bottes et roues sont pleines de boue. Nous arrivons à Chinameca sale et assoiffé. Nous profitons de l’ombre près d’un petit dépanneur (supérette) pour manger et boire de l’eau froide (un délice) sur un banc devant l’entrée d’une maison. Rapidement, la famille qui vit ici fait connaissance avec nous et nous invite à visiter la ville, à manger et à dormir dans une pièce de leur maison. Kayla sympathise avec Jacqueline et Amanda et ne les lâche plus d’une semelle. Ils sont plus de dix à vivre dans la maison (8 enfants et 2 sœurs). Nous montons l’intérieur de tente dans la pièce pour être protégé des moustiques.

De bons samaritains

Nous arrivons à Izacur de Matamoros et nous nous installons avant de partir nous renseigner sur les horaires d’autobus en direction d’Oaxaca. Nous apprendrons qu’aucun bus ne va directement à Oaxaca. Nous devrons, nous arrêter à Huajapan De Leon à environ 150 km de là et trouver un autre bus y allant.

Kayla dormira la moitié du trajet et ne verra pas l’affiche nous indiquant que nous nous trouvons maintenant dans l’état d’Oaxaca, l’avant dernier avant la fin du Mexique. Nous arrivons vers l’heure du midi et allons tout de suite se renseigner sur les horaires du prochain bus. Il n’y en a qu’un par jour et à 4h du matin… Ce qui n’est pas l’idéal. Nous allons manger une spécialité de la région, une tlayuda (sorte de grand tacos frit dans l’huile et bien garni) en pensant à un plan B. Il y a des minibus, genre de camionnettes d’une quinzaine de places, qui partent toutes les demies heures. Ils sont trop petits pour tout notre barda mais certains ont une galerie sur le toit où l’on pourrait entasser les vélos et la remorque. Il se fait déjà tard dans l’après midi, nous décidons donc de remettre ça au lendemain. Ce qui nous laissera le temps de chercher sur internet un endroit où dormir à Oaxaca. Nous partons donc le lendemain matin après avoir tout rentrés dans le minibus. Les sacoches sont à l’intérieur et les deux vélos sont l’un sur l’autre et la remorque est par dessus, tout ça attaché avec une seule corde. À chaque dos d’âne ou trou sur la chaussée, nous espérons fort ne pas voir passer la remorque par dessus bord.

Bus direction Oaxaca

Nos vélos et la remorque arrivent en bon état et allons en direction de notre maison pour une semaine. Nous mangeons sur la grande place centrale et remarquons qu’elle est envahie par une cinquantaine de tentes. En effet, les manifestants ont assiégé la place pour protester contre le gouvernement. Un homme à été mis en prison pour avoir manifesté son opinion. Les manifestants réclament la liberté d’expression. Un enjeu de taille au Mexique.

Nous vivons pendant une semaine en sédentaire. Nous saluons les voisins tous les jours, les commerçants des environs nous reconnaissent quand nous passons dans leur magasin, nous allons à la bibliothèque, au parc, … Ce sont de petites choses banales mais pour nous nomade, cela fait une différence dans notre quotidien.

Le site archéologique de Monte Alban est à quelques kilomètres. Nous prenons un autobus pour nous y rendre. Nous nous y rendons tôt afin d’éviter la chaleur et la foule. Nous visitons nos premières pyramides. Il y avait jadis une communauté zapotèque y vivant. Ce lieu a connu son apogée entre les années 200 et 600 après J.C. Nous prenons 2h30 pour visiter ce site tant il est grand et intéressant. Kayla se promène et court entre les affiches explicatives, cependant au bout de 2h nous sentons son intérêt diminué et elle finit la visite sur le dos de Marie.

Site Monte Alban

Ayant internet à la maison, nous profitons de notre temps pour voir les sites d’autres voyageurs que nous avons rencontrés en chemin, afin de connaitre où ils sont et comment ils vont. Nous apprenons par le fait même que Scott est ici depuis presque un mois et qu’il donnera une conférence sur son voyage dans quelques jours. Nous rallongeons donc notre séjour pour pouvoir le revoir et assister à sa conférence.

Avant sa présentation, nous faisons connaissance avec la famille (Adam et Meganne) qui héberge Scott ainsi que leurs amis, une famille franco-mexicaine. Nous sympathisons rapidement avec ces derniers Romain (français), Judit (mexicaine) et leur fils Gaby, 1 an et nous nous donnons rendez-vous le lendemain pour aller au marché et à la bibliothèque pour enfant de la ville. Nous passons la journée avec eux et retrouvons le soir Scott, Adam et Meganne ainsi que leur petite fille Graziella qui a 4 ans autour d’un bon souper. Kayla s’amuse beaucoup et ne se doute pas qu’elle les reverra quelques fois avant notre départ d’Oaxaca.

Nous devons partir ou rallonger notre séjour dans l’appartement que nous louons. Romain et Judit nous proposent de venir passer notre dernière nuit chez eux. Cela nous fera économiser et passer du bon temps avec cette adorable famille. Kayla passera une très mauvaise nuit et au moment de partir nous sommes tellement fatigués que Romain nous propose de rester. Ce n’est pas de refus, et nous passons donc une autre journée dans cette charmante ville d’Oaxaca. L’architecture y est superbe, les gens sympathiques, l’atmosphère relax et la culture assez développée. Nous la quittons à reculons…

Oaxaca

Pour résoudre notre problème de visa nous décidons de nous rapprocher plus près de la frontière guatémaltèque, de laisser nos affaires et de prendre un bus pour le Guatemala et revenir tout de suite. Nous espérons que cela suffira pour obtenir une nouvelle carte touristique de 6 mois. Suite au prochain épisode…

2 Réponses à En passant par Oaxaca

  1. Leo Bueno dit :

    Hello! My wife and I met you near the start of your journey in May of 2014 as you were making your way to Denali State Park in Alaska. We stopped on the side of the road in our RV and provided you water and marveled at your plan. We have followed you off and on and are pleased to see your progress. Continued good luck on your journey!!

    Leo Bueno

    • enfant-a-bord dit :

      Hi Leo it’s a long time ago but we remember this situation. We were shy to ask for water, but we didn’t have choice. It’s was relief when you gave some water. We met a lot of generous people like you on the road.

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