Changement de décor


Nous voulons passer la frontière, tôt avec nos nouveaux compagnons de route Guillaume, Isabelle et leurs 3 enfants, Béatrice, Norah et Laurent (10 pieds sur terre). Nous passons par le passage piétonnier pour entrer au Mexique. Il faut normalement passer par le tourniquet, mais il y a une porte juste à côté que plusieurs cyclotouristes se sont fait ouvrir jadis pour passer leur vélos plus facilement. Nous demandons à un agent frontalier américain de nous ouvrir la porte pour faciliter notre passage ; ce qu’il refuse. Nous n’avons pas d’autre choix que de passer nos vélos, remorque et bagages par le tourniquet. À première vue, nous doutons que tout puisse passer. Nous débutons par les vélos chargés des enfants, tout passe bien. Un agent frontalier mexicain vient nous aider de son côté de la barrière. Finalement, nous passerons tous les vélos chargés par le tourniquet. Seule la remorque de Kayla aura été détachée.

Nous voilà au Mexique ! Les formalités de douane sont assez simples car il n’y en a aucune, personne ne nous demande notre passeport ou nous pose des questions. Nous reste plus qu’à obtenir notre visa mexicain de 180 jours. Mais vu l’hésitation de l’agent au bureau d’immigration et le prix qu’il veut nous charger nous décidons d’attendre le prochain bureau, à Ensenada.

Nous faisons nos premiers coups de pédale en terre mexicaine. Le changement est radical. Nous n’avons pas assez de sens pour tout absorber. Le bruit, la musique, la langue, les odeurs, la pauvreté heurtent nos repères.

Notre nouveau convoi

Nous trouvons assez facilement la route 1 qui nous permet de quitter Tijuana le plus rapidement possible. Sur la route, les montées nous ralentissent et laissent le temps au conducteur de nous observer et de nous encourager en klaxonnant.
Arrivés dans la prochaine ville, Rosarito, nous allons faire le plein de produits frais au Walmart. Ca prend un certain temps pour trouver nos produits familiers tant les marchandises diffèrent. Notre alimentation changera au fil des jours lorsque le dépaysement diminuera.
Nous nous mettons en quête d’un camping et demandons de l’aide à des chauffeurs de taxi. Étant rouillé en espagnol, nous utilisons un petit lexique pour nous aider à communiquer. En chemin, lorsque Karl et Guillaume s’apprête à utiliser la connexion internet d’un restaurant, un mexicain et un voyageurs français viennent parler avec nous et nous invitent à camper sur leur terrain ce que nous acceptons après avoir été voir ce qu’il nous offrait. Nous nous couchons tôt épuisé par cette longue journée.

Isabelle et Guillaume connaissent des personnes pouvant nous héberger dans leur maison au bord de la plage près de La Mission. Nous mettons quelques jours pour nous y rendre. En plus de profiter de bonne compagnie, nous avons accès à un bon lit, douche, repas et à la plage privée. Nous passerons les 2 ans de Kayla et les 40 ans de Karl en compagnie de Beverly, Philipe (nos hôtes) et nos compagnons de route. Nous y passons 2 nuits.

Beach house Beverley et Philipe

Bien reposé, nous attaquons une bonne montée sinueuse et étroite vers Ensenanda. Nous dormons dans un ranch faisant office de camping. Un des nombreux chiens présents est resté couché à côté de nos tentes et jappait pour un rien, une bonne partie de la nuit. Le lendemain, en partant, le chien nous suit sur plus de 5 km, nous le sèmerons dans la première longue descente.

Arrivé à Ensenanda, nous prenons une pause en bordure de route et y rencontrons Joseph et Abigael. Des californiens venus s’installer ici à Ensenada pour y dénicher un terrain où ils espèrent démarrer leur ferme biologique. C’est ce qu’ils font déjà en Californie. De plus, ils transforment leurs produits et les vendent sous différentes formes. Ils nous offrent du pain maison, des biscuits au caroube, des légumes, …

Nous traversons la ville en direction de nos hôtes Warmshower mexicain, Thomas et Carmen. En chemin, nous allons au bureau d’immigration obtenir notre visa. Nous payons moins cher que ce qu’on nous demandait à Tijuana et tout se fait assez facilement. Le visa est gratuit pour les moins de 2 ans, mais Kayla ayant 2 ans et 1 jour nous devrons payer pour elle…

Thomas, Carmen et leur 3 enfants, nous offrent l’hospitalité pour quelques jours. Amateur de vin, Carmen, nous raconte que 90% de vins mexicains sont fait dans la région d’Ensenada. Ils nous apprennent à faire différents tacos, ce qu’ils mangent presque tous les jours. Nous allons aussi en manger au restaurant, ce n’est pas la concurrence qui manque au Mexique.

L’autoroute 1D se termine ici à Ensenada. Après tout le monde utilise la route 1. De nombreuses personnes nous déconseillent cette route à cause du trafic et de la route trop étroite. Nous avons alors 2 options, prendre le bus jusqu’à San Quitin, où le trafic diminue , ou traverser la Baja California d’ouest en est et de longer la mer de Cortez qui a peu de circulation. Cette route rejoint la route 1 à Laguna Chapala, elle se termine par un chemin de terre dont nous ne savons ni l’état ni la distance.

Nous nous apprêtons à quitter nos hôtes pour prendre l’autobus avec Isabelle, Guillaume et leurs enfants direction San Quitin. Le matin même Guillaume nous apprend qu’il ne pourra continuer car un mal de genou l’empêche de bien fonctionner depuis un moment et empire de jour en jour. Il ira consulter un médecin qui lui prescriva une semaine de repos et des anti-inflammatoires. Nous restons une journée de plus à Ensenada. Ce qui nous permettra de rencontrer Mike, un cyclotouriste venant du Sud et ayant emprunté la route le long de la mer de Cortez. Selon lui la piste est un peu chaotique mais faisable à vélo, même avec notre chargement. Nous décidons donc de traverser la Baja California le lendemain.

Nous disons au revoir à nos amis qui espèrent nous rejoindre à San Felipe dans une semaine en prenant l’autobus.

Nous mettons 5 jours et grimpons jusqu’à 1200 m d’altitude. Après 75 km de montée, nous savourons une bonne descente, mais la route n’est pas en bonne état. Nous nous arrêtons pour une pause à la fin de côte. À peine arrêter, on entend Kayla vomir dans son chariot. Nous la sortons d’urgence pour la nettoyer elle et l’intérieur de la remorque. Nous étions loin d’imaginer qu’elle était au début d’une gastro (Merci Chantal et Ben pour les piqués (alèse) qui ont bien servis). Ayant été peu malade depuis le début du voyage, nous pensions qu’elle avait souffert de la route sinueuse et en mauvais état.

Sur la route vers san felipe

Nous nous arrêtons dans un camping près de San Felipe afin que Kayla puisse se reposer et reprendre des forces. Étant proche de la frontière américaine, beaucoup d’américains viennent dans cette région passer l’hiver au bord de la mer. Nous devenons vite populaires auprès d’eux. Un nous offre plein de victuaille, un autre un repas au restaurant…. Le jour où nous partons, nous avons du mal à partir tant les gens viennent nous parler. C’est vous la famille à vélo allant en Argentine ?

Nous nous dépêchons à retrouver nos amis 10 pieds sur terre qui ont pris l’autobus de Ensenada à San Felipe. Pendant que nous attendons nos amis sur le stationnement du supermarché, Larry, un américain d’Oregon, vient nous proposer de camper sur son terrain gratuitement. Nous y rencontrons aussi Ron qui habite à l’année au bord de la mer à une centaine de kilomètres d’ici, il nous invite dans sa maison lorsque nous serons dans les parages. Nous passons quelques jours à San Felipe afin que Kayla puisse se rétablir complément.

Nous nous dirigeons tranquillement vers la maison de Ron. Les enfants de 10 pieds sur terre attraperont aussi la gastro et auront peu de force pour pédaler. Au moins Kayla pouvait se reposer dans sa remorque lorsqu’elle était malade.

On rencontre Ron de nouveau cette fois-ci sur la route. Il part pour quelques jours en Californie. Il ne peut nous recevoir mais nous invite à camper sur son terrain durant son absence. Il dit que la section de terre à venir est difficile et qu’il peut nous la fera traverser en voiture et mettre nos vélos dans sa remorque, s’il est revenu à temps. En attendant, nous allons planter la tente près de sa maison au bord de la mer de Cortez et y passons quelques jours. Plusieurs américains y habitent certains à l’année comme Ron d’autre durant quelques semaines ou mois.

On fait le plein de victuaille à une vingtaine de kilomètres du chemin de terre. Un employé du marché gâte Kayla en lui offrant des collations et du jus. A quelques kilomètres du chemin de terre, on voit arriver Ron avec sa remorque et de quoi nous préparer un sandwich de luxe. Il a pris sa journée pour nous avancer jusqu’a la route principale. Comme on ne rentre pas tous dans sa voiture, Isabelle laissera sa famille y aller en premier et continue de pédaler avec nous. Comme Ron met quelques heures pour faire l’aller-retour, nous avons le temps de goûter à la route cahoteuse. Les roches sont énormes et devons zigzaguer entre elle pour avancer. Nous devons parfois descendre de nos vélos pour pousser car les roches nous freinent lors de montée. Nous sommes bien contents quand on voit Ron arrivé de nouveau. Sans lui il nous aurait fallut au moins 2 jours complet pour faire les 46 km de piste.

 

Ron et sa remorque

Nous passons la nuit proche de la jonction de route 1, de là il nous reste juste à pédaler quelques centaines de kilomètre pour arriver à la moitié de la Baja California, à Guerrero Negro. La route est étroite et elle n’a pas d’accotement mais les voitures et camions attendent et nous doublent dans l’autre voie.

Le paysage, toujours désertique, est parsemé de cactus de diverses tailles et sortes. On se croirait presque dans un jardin botanique grandeur nature tant la variété est énorme. Trouver un emplacement de camping est chose aisée dans le désert.

Camping dans le désert

Une réponse à Changement de décor

  1. BALTZER Christiane dit :

    Merci de vos récits qui nous font rêver!
    Continuez à nous raconter votre voyage, nous suivons vos aventures avec grand plaisir.
    Bonne continuation!

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